Comprendre la physiologie de l’effort pour mieux s’entraîner
- Florent Martins
- 1 nov.
- 3 min de lecture

La performance ne se réduit pas au « vouloir » : elle repose sur des mécanismes physiologiques mesurables. Connaître ces mécanismes te permet d’orienter l’entraînement de façon plus efficace, d’éviter la surcharge et d’optimiser la progressivité.
Cet article synthétique explique simplement la VO₂max, le rôle (réel) du lactate, la dérive cardiaque et propose trois tests faciles pour suivre ses progrès.
VO2max expliqué simplement
La VO₂max est la consommation maximale d’oxygène qu’un individu peut utiliser par minute lors d’un effort maximal. C’est un marqueur central de la capacité aérobie : plus elle est élevée, plus le potentiel d’effort prolongé à haute intensité est important.
Cependant, la VO₂max n’est pas la seule clé de la performance — l’efficacité mécanique, la tolérance à l’effort et la capacité à maintenir une fraction élevée de la VO₂max (economy/threshold) comptent tout autant. Des revues récentes résument comment l’entraînement (HIIT, volume d’endurance) peut faire évoluer la VO₂max et ses déterminants (Fentaw S. 2025).
Le seuil lactique : mythe ou réalité ?
Le « seuil lactique » correspond classiquement à l’intensité où la concentration sanguine de lactate commence à augmenter plus vite que son élimination. Longtemps présenté comme un « déchet », le lactate est aujourd’hui reconnu comme substrat énergétique et messager métabolique : il est produit, transporté et réutilisé par différents tissus (muscle, cœur, cerveau).
Le concept utile n’est donc pas d’« éliminer » le lactate, mais de repousser l’intensité à laquelle son accumulation devient limitante — c’est précisément ce que visent les entraînements de seuil et d’endurance. Des revues et synthèses récentes recontextualisent le lactate dans une perspective moderne de métabolisme et d’adaptation (Goodwin ML, et al. 2007).
Dérive cardiaque : un indicateur clé
La dérive cardiaque (cardiac drift) est l’augmentation progressive de la fréquence cardiaque lors d’un effort prolongé à intensité constante, souvent accompagnée d’une baisse du volume d’éjection systolique. Elle est liée à la hausse de la température corporelle, à la déshydratation et à la redistribution du sang vers la peau pour refroidir.
Une dérive marquée signale une moindre efficacité à maintenir l’effort : soit endurance aérobie insuffisante, soit fatigue accumulée, soit mauvaise hydratation/thermorégulation.
C’est un indicateur simple à suivre avec une montre cardio : si, à intensité et allure identiques, ta FC augmente significativement dans le temps, c’est un signal d’alerte (Souissi A., et al. 2021).
En conclusion
La physiologie de l’effort n’est pas réservée aux laboratoires ou aux athlètes professionnels. Elle constitue une boussole pour tout sportif, quel que soit son niveau.En comprenant comment ton corps réagit, s’adapte et fatigue, tu peux t’entraîner plus intelligemment, éviter la surcharge et optimiser tes performances.
Comprendre ce qu'est la VO₂max, le rôle réel du lactate et la dérive cardiaque fournit une boîte à outils pratique pour planifier, suivre et ajuster l’entraînement. Les tests de terrain et aujourd'hui de laboratoire sont accessibles et, correctement standardisés. ils permettent un suivi pertinent.
Et souviens-toi : La physiologie éclaire les décisions, mais l’individu (technique, motivation, récupération) reste central. le progrès ne se mesure pas qu’en chronos, mais aussi en efficacité énergétique, régularité et plaisir de s’entraîner.
Fentaw S. Methodological and aerobic capacity adaptations of high ... (meta-analysis on VO₂max/training adaptations). 2025. PMC
Goodwin ML, et al. Blood Lactate Measurements and Analysis during Exercise. Clin Sports Med / review (2007). Disponible sur PubMed Central. PMC
Souissi A., et al. A new perspective on cardiovascular drift during prolonged... (2021) — revue sur la dérive cardiaque. ScienceDirect




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